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1 (1932)
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477
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A DUNKERQUE AVEC M. POINCARÉ 477

Je partis donc le dimanche 1 er novembre, à 7 heures etquart pour Amiens. Jy arrivai à midi, et trouvai le prési-dent Poincaré qui me retint à déjeuner avec MM. Mille-rand et Ribot, le préfet de la Somme, le général Fraysseet le directeur de la Sûreté. Nous partîmes à 13 heurespour Dunkerque, nous trouvâmes lord Kitchener,M. de Brocqueville, le général Foch et M. Cambon. Nouseûmes avec ces personnages une courte conférence au coursde laquelle le- président Poincaré affirma la volonté dugouvernement français de mener la lutte jusquà la vic-toire, quoi quil en puisse eoûter, mais il insista auprès delord Kitchener pour que lAngleterre ne fasse pas tropattendre les renforts promis.

Pendant le dîner qui suivit, je me souviens que jeusloccasion de parler de notre soldat, de son courage, desa bonne humeur et de sa patience. Cette dernière vertune passait pas précisément pour lapanage de notre peuple.Et cependant nos hommes, après trois mois dune lutteininterrompue dans laquelle ils navaient laissé paraîtreà aucun moment la moindre trace de dépression morale,venaient de prouver quon pouvait tout leur demander.M. de Brocqueville renchérit sur ce que je venais de dire.Il déclara que depuis quil vivait au milieu de nos soldats,rien de leur part ne lui paraissait plus impossible. Jelinterrompis vivement pour dire : « Oui, à condition quonleur donne des chefs capables, qui sachent mériter leurconfiance. » Et je parlai des nombreux changements que

certain nombre de croix de la Légion dhonneur et de médaillesmilitaires.

Le roi mavait répondu de sa main le 2tS octobre :

« Mon cher général,

« Je vous remercie- vivement des distinctions que vous avezbien voulu mettre à ma disposition pour être remises à ceux qui sesont montrés les plus dignes dans la défense de lYser.

« Votre gracieuse pensée, si délicatement exprimée, me réjouitautant quelle honore mon armée.

« Croyez, mon cher général, au dévouement sincère de votreaffectionné,

« Albert. »