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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

de la voie ferrée Salonique-Uskub serait insuffisant pourle ravitaillement dune armée nombreuse. Les Serbes ontla plus grande peine à ravitailler les 100 000 hommes dontils disposent. Que serait-ce si à ces 100 000 Serbes, sajou-taient 300 000 Français?

Ces objections sappliquent avec plus de force à un dé-barquement dans lAdriatique , d lamiral de Lapeyrèrevient de retirer ses escadres quil ny trouvait pas ensûreté.

A la suite de mes observations, le projet fut écarté. Ildevait reparaître quelques semaines plus tard, sous laforme de la malheureuse expédition des Dardanelles .

A la fin de décembre 1914, je suggérai au ministre de laGuerre dentamer des pourparlers avec le Japon en vuede lenvoi de forces nippones sur le théâtre occidental dela guerre. Ce projet, transmis par M. Millerand à M. Del-cassé, ne reçut dabord point de réponse.

Au début de mars 1915, je reçus du ministre de la Guerrecopie dune lettre que lui avait adressée le ministre desAffaires étrangères (1). Dans cette lettre, M. Delcassé fai-sait connaître que des pourparlers avaient été engagésavec Tokio, dès le début de la guerre. Tout de suite onsétait heurté au sentiment populaire japonais qui répu-gnait à voir son armée, « issue du service obligatoire, des-tinée à défendre le sol national », sen aller servir au loinen qualité de mercenaire, et pour des intérêts étrangers.

Plus tard le gouvernement japonais avait objecté à ceprojet des difficultés de transport. Plus tard encore, unfait nouveau se produisit, qui nous dévoila la cause pro-fonde du refus du Japon à une intervention militaire enEurope. Le gouvernement de Tokio qui, sous le couvertde lalliance anglo-japonaise, avait procédé comme je viensde le dire à la prise de possession de la colonie allemandede Tsing-Tao, adressa à la Chine une série de demandes (2)

(1) La lettre de M. Delcassé est datée du 6 mars 1915.

(2) Cest le 18 janvier 1915 que le ministre du Japon à Pékin ,M. Hioki, remit au président Yuan-Chi-Kai les fameuses « Vingt etune demandes », qui sont encore dactualité aujourdhui.