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nuation de la campagne jusqu’à l’automne prochain (1).Une armée ainsi constituée n’aurait ni cadres, ni artillerie,ni matériel régimentaire, ni services ;
2° Une armée destinée à opérer contre l’Autriche nepourrait être prélevée que sur les corps d’armée du front.Ce prélèvement est-il possible? Non, les corps d’arméedont nous disposons suffisent à peine à couvrir le frontde 600 kilomètres que nous tenons. En diminuer le nombre,c’est nous interdire toute offensive pour l’avenir ; c’estnous exposer, en cas d’attaque violente sur un point, àêtre percés, et à reculer ;
3° Notre but est d’atteindre l’ennemi sur le théâtred’opérations principal. Il saute aux yeux que le théâtreprincipal se trouve là où l’Allemagne a massé la majeureet la meilleure partie de ses forces.
Ce n’est pas l’Autriche qu’il faut battre, c’est l’Alle-magne .
C’est la défaite de l’Allemagne qu’il faut préparer ;
4° Inacceptable dans son principe, la combinaison pro-posée serait difficilement réalisable.
Salonique est une ville neutre où nous ne pouvons pasdébarquer nos troupes.
Si on pouvait débarquer dans cette ville, le rendement
(1) Dans une Annexe à la Note que je résume ici, je donnais leschiffres suivants :
« En moins de cinq mois de guerre, les pertes définitives pourl’active et la réserve (tués, prisonniers, blessés définitivement indis-ponibles), ont été de 420 000 hommes.
« Si la guerre dure encore dix mois, les pertes définitives serontde 840 000 hommes.
« De quoi disposeront les dépôts pour répondre à ce besoin?
« Ils disposeront d’une part de ce qu’ils contiennent présentement,d’autre part de ce qu’ils recevront pendant ces dix mois.
Ils contiennent présentement. 54? 000 hommes.
Savoir : mobilisables 199 000non instruits 348 000
Ils recevront la classe 1916, soit au maxi-mum. 270 000 —
Soit au total. 817 000 hommes.