INTRODUCTION
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procurer dix sh. à la fois; s’il pouvait, en trois jours,gagner assez pour mener son genre de vie habituel toutle reste de la semaine, il ne travaillerait pas les quatreautres jours. Il en est de même de l’ouvrier, qui netravaille pas plus qu’il n’est nécessaire pour subveniruniquement à son entretien. Des exemples en ont étéfournis par les brodeurs et les fabricants de bas ; dèsque leurs salaires étaient élevés, on les voyait au travailrarement le lundi et le mardi, et à peine même le mer-credi et le jeudi. Ils préféraient passer ces journées à labrasserie dans des débauches vulgaires. L’élévation dessalaires et le bas prix des denrées ont le même effet pourla plupart des ouvriers qui travaillent dans les différentsmétiers. Au contraire, on ne travaille jamais autantqu’aux époques où tout est cher; rien ne stimule davan-tage la recherche d’appareils utiles et économisant letravail ; rien ne rend davantage les ouvriers des « servi-teurs soumis ». Mais la concurrence entre les ouvriersa, elle-même, pour résultat l’abaissement des salaires.Si on les abandonne à eux-mêmes, les faits s’enchaînentet se reproduisent périodiquement comme suivant uncycle. Le bas prix des denrées engendre la paresse,celle-ci la rareté et la cherté des produits, qui ont elles-mêmes pour résultat l’application au travail et l’abon-dance. Si, au contraire, par de sages mesures, le gouver-nement pouvait maintenir élevé, d’une façon durable, leprix des moyens d’existence, il en résulterait forcémentune application durable au travail, et on obtiendrait enmême temps un surcroît de production qui fourniraitl’occasion de conquérir les marchés étrangers.
Il s’ensuit, dit Ilôughton, qu’il est du devoir du roi