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LA GRANDE INDUSTRIE
de maintenir élevé le prix du blé par le rétablissementdes primes d’exportation.
II. — Contre lui s’élèvent déjà, au siècle dernier, lesdéfenseurs du bon marché des denrées, en particulierles adversaires d’une élévation artificielle des prix. Lepremier qui ait soutenu cette manière de voir est, à maconnaissance, Josiah Child , en 1693. Il attaque l’habitudede maintenir les salaires à un taux fixe, qui seraitdans l’intérêt des salaires peu élevés. Cela eût été pos-sible, d’après lui, aussi longtemps que l’Angleterre n’était pas un pays industriel. A présent, l’abaissementdes salaires amènerait forcément, au contraire, l’émigra-tion des ouvriers les plus habiles vers des pays plusrémunérateurs, comme, par le fait, de nombreux marinsanglais ont passé en Hollande.
Jacob Vanderlint plaide la même cause avec plus dedétail dans son ouvrage intitulé « Money answers ailthings » Londres , 1734. Cet écrivain se place déjà à undouble point de vue, qu’ont depuis constamment fait va-loir les partisans de l’élévation des salaires et de l’abais-sement du prix des denrées. En premier lieu, et il insistesur ce point, il faut pour le développement de l’industrieune population capable de consommer. Il s’élève contreles écrivains qui combattaient autrefois l’augmentationdes besoins du peuple en la traitant de luxe. Ce n’estpas à cela qu’il faut attribuer le dépérissement de l’in-dustrie, mais plutôt au dénûment de la grande masse desconsommateurs. En outre Vanderlint fait remarquer enpassant que l’augmentation des salaires est un stimulantpour les ouvriers.
A cet auteur se joignent PostlethwaitetNathaniel Foster