INTRODUCTION
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pour défendre la même thèse. Postlethwait part du mêmepoint de vue que Vanderlint, et en premier lieu de laconsommation. Là où se trouvent beaucoup de pauvres, ledébit local est faible. Le luxe ne peut en aucune façonremplacer le nombre des consommateurs ; il en résultequ’une grande inégalité dans les fortunes est contraireaux intérêts industriels d’un pays. A ce point de vue,des salaires élevés et des denrées à vil prix sont désirables.Cette dernière condition a de plus pour résultat l’accrois-sement de la population, et par suite l’augmentation dela quantité de travail effectué. En outre, un deuxième pointde vue est à considérer : la paresse des ouvriers ne résidepas dans un défaut inné chez eux, mais plutôt dans l’ab-sence d’encouragement au travail ; pour les faire travail-ler davantage, il faudrait mettre devant leurs yeux la pers-pective d’une amélioration de leur situation. C’est ainsique Postlethwait préconise la concession aux travailleursde plaisirs coûtant peu.
Des considérations analogues sont développées parFoster, qui s’inspire visiblement de Mirabeau, Rousseau et autres auteurs semblables. Il leur emprunte un juge-ment de la question plutôt au point de vue des ouvriers.L’opinion que le prix élevé des denrées et l’abaissementdes salaires sont à souhaiter au point de vue économique,est, d’après lui, « une doctrine dont les gens cupides sesont emparés avec empressement et qu’ils ont développée,dans leur intérêt particulier ». Les hommes ne croientrien plus facilement qu’un mensonge qui leur rapportequelque avantage. Pour réfuter cette erreur, il se réfèreà l’expérience psychologique, qui a montré qu’en effetl’indigence pousse à l’activité, mais seulement l’indigence