INTRODUCTION
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abondants, que sont fabriqués les produits qui deman-dent beaucoup de travail, tandis que les pays peu cul-tivés, et où les salaires sont faibles, tirent leur force desmarchandises à la production desquelles la nature a plusde part que le travail de l’homme. Tucker cite, à l’appuide son dire, une série d’exemples. L’Ecosse produit dubois, l’Angleterre le froment qui demande plus de tra-vail; certaines parties du sud de l’Angleterre les plantespotagères qui exigent encore plus de travail bien queles salaires agricoles soient les plus élevés dans ces der-nières contrées, et plus forts en Angleterre qu’en Ecosse .La corne, la laine, les peaux proviennent des pays oùles salaires sont bas; leur mise en œuvre se fait là oùles salaires sont élevés. Cependant le travail n’a dans lepremier cas qu’une faible part, dans le deuxième unepart considérable à leur production. La Hollande, quine produit pas une planche, et où les salaires sont élevés,se distingue dans la construction des navires. En dehorsde la richesse plus grande en capitaux, Tucker met cesfaits sur le compte de cette circonstance que, par suited’une plus grande division du travail, des ouvrages exi-geant plus de science et d’habileté peuvent être produits.Payer un ouvrier habile 2 sh. 6 d. par jour peut êtreplus avantageux que d’occuper un mauvais ouvrier à 6d.L’élévation des salaires dans un pays riche aurait enoutre pour effet d’attirer les ouvriers habiles d’un paysdonnant des salaires moins forts. L’élévation des salairesn’est donc d’après lui en aucune façon un inconvénientéconomique pour un peuple, mais bien plutôt l’indiced’un degré de développement très élevé.
III. —Les auteurs que Ton vient de citer ne représentent