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LA GRANDE INDUSTRIE
pourtant en aucune façon jusqu’à Adam Smith l’opiniondominante. Ils provoquèrent au contraire une violenteopposition. Contre Postlethwait furent dirigés de nom-breux écrits anonymes, tels que les « Essays on Tradeand Commerce », Londres , 1770 et. « Considérations onTaxes », Londres , 1765.
La plus élémentaire connaissance des hommes, y est-il dit, enseigne que les ouvriers anglais travaillent justece qu’il faut pour vivre. L’élévation des prix peut doncseule les obliger à un travail soutenu. Lorsque les prixbaissent, la durée du travail diminue, et cependant ontravaille d’une manière moins assidue que si les prixsont élevés et la durée du travail plus longue, parce quedans ce dernier cas les ouvriers sont obligés de s’efforcerde satisfaire leur patron. L’ouvrier français fournit plusde travail, bien qu’il ne mange pas de viande et neboive pas de bière, ce que l’ouvrier anglais regarde commeun droit de naissance. Ce dernier serait le plus pares-seux du monde. Pour le rendre meilleur, l’essentiel se-rait d’élever le prix des denrées par des mesures légales,de telle sorte qu’en six jours d’un travail soutenu, il nepuisse plus gagner que juste ce qui est nécessaire à sonentretien. En outre, l’auteur réclame la fixation des sa-laires et de la durée du travail par les pouvoirs publics ;ainsi il demande d’une manière précise un salaire nor-mal et une journée de travail normale, mais dans un butopposé à celui dans lequel sont faites aujourd’hui cesréclamations : il veut un salaire maximum qui ne seraitjamais dépassé, et une durée de travail minimum au-dessous de laquelle on n’aurait pas le droit de descendre(14 heures en y comprenant les repos).