INTRODUCTION
H
Le même point de vue est développé par A. Young,qui combat également l’opinion contraire. Ses voyageslui ont appris que les marchands et les fabricants deManchester aiment mieux voir le blé cher que bonmarché ; et que l’industrie du drap dépérissait à cause dubon marché excessif des céréales. Lui aussi demande, delapart des pouvoirs publics,un renchérissement des moyensd’existence et un abaissement des salaires pour activerle commerce et l’industrie de l’Angleterre .
Young, d’accord avec les auteurs anonymes cités plushaut, se distingue d’IIoughton et des auteurs plus an-ciens en ce sens que, lui aussi, voit dans un accroisse-ment des besoins de l’ouvrier un encouragement à four-nir un travail plus considérable. Les auteurs nommés endernier lieu combattent cette opinion : une augmenta-tion de bien-être pour l’ouvrier serait, d’après eux, im-possible; et une élévation des salaires au-dessus de cequi est nécessaire à l’entretien de l’existence ne feraitqu’augmenter la consommation de la bière, et rendre plusfréquents l’ivresse et les maux de tête tout en diminuantle travail. En conséquence, ces auteurs veulent que lespouvoirs publics n’accordent à l’ouvrier que le minimumde bien-être possible.
Benjamin Franklin lui-même a soutenu cette thèsedans ses « Observations Concerning the increase ofMankind », mais il l’a plus tard abandonnée pour adop-ter l’opinion contraire.
Adam Smith combat les auteurs qu’on vient de nom-mer au cliap. 8 de son ouvrage principal. Il pro-fesse que l’élévation des salaires et le bas prix du blésont l’indice d’une augmentation de l’application au tra-