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LA GRANDE INDUSTRIE
manière de voir dans la préface d’une nouvelle éditionde son ouvrage : « la Question Ouvrière », ce n’était plusqu’une question de temps pour que la démocratie so-ciale allemande reconnût le progrès scientifique. C’estce qui arriva au congrès de Halle, en 1890, où la loid’airain sur les salaires fut déclarée fausse et, commetelle, rayée de la liste des arguments socialistes.
En particulier, Brentano partage l’opinion exposéeplus haut, qu’une élévation des salaires et une réductionde la journée de travail sont des mesures qui, si on lesapplique petit à petit, et si on les fait servir à l’élévationdu niveau de la condition de l’ouvrier, se justifient aupoint de vue économique par le surcroît de productionqu’elles occasionnent. Par dessus tout, dans ses écritscomme dans ses conférences, Brentano a constammentexprimé sa conviction que l’élévation des classes ouvrières,par le développement continu du système économiqueactuel, marche de conserve avec le progrès économique,et en est même la conséquence naturelle — doctrine quidoit être la base de toutes les revendications socialespacifiques. Il me faut ici constater, avec reconnaissance,tout ce que le présent travail doit à l’auteur que jeviens de nommer.
L’exemple de Brentano est suivi par Herkner dansson ouvrage plein de mérite : « La réforme sociale consi-dérée comme conséquence du progrès économique,Leipzig, 1891 ». Herkner professe expressément l’utilitéde tous les efforts dirigés dans le but de l’élévation desclasses ouvrières et, en particulier, de mesures législa-tives, même pour le développement de la puissancceéconomique.