INTRODUCTION
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VII. —Consultons maintenant les praticiens. Parmi euxne règne nullement la même conformité de vues queparmi les théoriciens actuels. D’un côté sont les Anglais et les Américains , de l’autre la plupart des Allemands.
Parmi les premiers, le plus connu est Brassey, qui,dans son ouvrage « Work and Wages » a rassemblé lesobservations de son père, le plus grand constructeur dechemins de fer du monde. J’ai discuté les conclusions deBrassey autre part : « Il n’est pas vrai, d’après lui, quel’élévation des salaires en Angleterre dénote une infé-riorité économique ; bien plus, le prix d’une quantitédéterminée de travail ne serait nullement plus élevé enAngleterre , et se trouverait, tout au contraire, nettementplus bas que dans le reste de l’Europe , où la conditionde l’ouvrier est bien plus misérable. » De même, LowthianBell, métallurgiste anglais distingué, déclare dans sonouvrage « Manufacture of Iron and Steel » que le gainhebdomadaire des ouvriers employés aux hauts-four-neaux anglais est considérablement plus élevé que surle continent, bien que le montant du salaire payé, pourune somme de fer brut, soit plus faible dans le Cleveland qu’en Allemagne . Il en est de même, selon Schœnhof,de la production du fer brut en Amérique comparée àcelle d’Europe .
D’une manière générale, les deux Américains EdwardAtkinson et J. Schœnhof défendent de la manière la pluscatégorique le point de vue de Brassey — tous deuxsont des hommes d’affaires ; Atkinson pratique l’indus-trie du coton dans le Massachussets. Tous deux décla-rent que le progrès économique qui est aujourd’hui lepassage de la petite à la grande industrie, du travail ma-