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LA GRANDE INDUSTRIE
«lés de la théorie nouvelle avoue l'impossibilité de l’appli-quer aux Indes. Dans l’Inde, dit Brassey contrairementà ce qui se passe en Angleterre , on a fait la remarquequ’une élévation des salaires fait baisser la production.
Si, toutefois, le changement d’opinion repose sur unchangement dans les faits, ce dernier changement doitremonter à la dernière révolution économique généralequi distingue la vie économique d’aujourd’hui de celledu siècle passé. En quoi consiste-t-elle ? D’un systèmed’industries particulières, indépendantes, placées sousle régime de l’autorité et de la naissance, sortit, avec ledéveloppement de la concurrence, une industrie interna-tionale formant un tout solidaire par la division dutravail et l’échange. Ce changement détermina, d’unepart, un changement des procédés de fabrication (surles ruines des petits métiers d’autrefois s’éleva la grandeindustrie moderne), puis une certaine révolution psycho-logique (il se forma de nouvelles manières de voir, etavec elles de nouveaux hommes, de nouveaux types depatrons et d’ouvriers).
A mesure que cette évolution s’accomplit, la théoriese modifie d’une manière correspondante. La théorieprimitive se rapporte partout à des relations réglées parl'habitude ; à mesure que les relations dépouillent leurcaractère routinier et entrent dans l’économie générale,la théorie commence à chanceler. C’est seulement àmesure que la révolution économique s’est accomplie,(pie la nouvelle doctrine a fini par être reconnue vraie,avec la victoire de la grande industrie sur les anciensmodes d’exploitation, d’abord par les théoriciens, puispar les praticiens des pays, dans lesquels la révolution