: v 2
LA grande industrie
beaucoup de secours, l’abolition des droits d’entrée enAngleterre, afin que les deux pays soient du moinstraités sur le même pied.
Dans l’intervalle se place le passage à la machine etau système moderne delà fabrique. En 1760, dit Baines,les outils étaient aussi simples en Angleterre que dansl’Inde ; à partir de ce moment les inventions se succè-dent rapidement. C’est dans les dix dernières années dusiècle dernier que furent déjà filés en Angleterre les pre-miers fils de mousseline — jusqu’alors le monopole del’Inde. — A cette époque s’accomplit l’évolution consi-dérable qui transforma d’abord l’industrie du coton, et laplaça à la tète du développement industriel et social del’Angleterre, évolution qui s’opéra d’abord dans le Lan-cashire, puis dans toute l’Angleterre, pour gagner de làl’Europe occidentale, et bouleverser les relations économi-ques du monde entier. Elle a fait naître de nouvellesclasses, d’abord la société bourgeoise, qui devient lapremière dans l’Etat à la place de l'antique noblessefoncière ; ensuite la classe des ouvriers qui tend tou-jours à s’élever. Mais dans la mesure même où unpeuple s’approprie cette évolution et fait reposer sa pro-duction sur la machine, il devance d’autant au point devue de la puissance économique les autres nations dumonde.
De quelles causes est sortie cette évolution ? Marx, quiexpose le développement de la machine d’une manièrelumineuse, n’a là-dessus aucune réponse. Peut-être est-ceparce que les machines ont été inventées, ou parce quela physique était assez avancée pour faire ces inventions?Brentano a déjà montré combien erronée serait une pa-