LE DÉVELOPPEMENT DE LA GRANDE INDUSTRIE 33
reille réponse. Il a fait ressortir que ce ne sont nullementdes savants, mais au contraire des hommes appartenantaux carrières les plus différentes, et surtout vivant de lavie industrielle, qui ont fait les inventions répondant auxbesoins du jour. — Cartwrigtht seul était un ecclésiasti-que. Une autre preuve du contraire est que déjà depuis dessiècles des machines semblables ont été employées isolé-ment sans avoir alors aucune portée économique. — L’ap-plication de la vapeur à l’élévation des fardeaux est vieillede plusieurs siècles. Pierre le Grand a employé pour l’ir-rigation de ses jardins une machine à vapeur d’après unmodèle hollandais. Le moyen de réunir une quantité debroches avec des bobines sur un même châssis, et de fairetourner mécaniquement les bobines comme les broches,fut introduit dans le Derby par Thomas Lombe commeune disposition de la filature de soie italienne avant qu’ilfût question de machines dans l’industrie du coton. Cequ’on appelle le rouet saxon, vieille invention allemande,le modèle du rouet Throstle qui vient après, rendait déjàpossible la plus grande partie des opérations du filage,à savoir la torsion et l’enroulement du fil, mécaniquementsans l’intervention de la main de l’homme ; la fileuseavait uniquement à enlever le fil avec la main. Ce rouetdepuis longtemps employé en Allemagne était pour lefilage du lin, — mais on ne songea pas à combinercette disposition avec le système italien qui en prin-cipe paraît avoir été semblable. Jean Beckmann racontedans le premier volume de ses recherches sur l’histoiredes inventions, et Marx dans Capital est d’accord aveclui sauf pour la date, que, déjà vers 1379, le tissage mé-canique avait été découvert à Dantzig.
3