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LA GRANDE INDUSTRIE
Ce ne sont donc pas des raisons techniques qui pro-duisirent l’évolution économique vers la fin du siècle der-nier ; ce fut bien plutôt le concours d’une série de cir-constances économiques qui conduisit aux progrèstechniques ; des inventions faites depuis longtemps oudu moins à moitié réalisées, mais jusqu’alors sans effetau point de vue économique, furent appliquées seule-ment alors à l’industrie moderne. Ce n’est point ici lelieu de développer cette base économique de l’évo-lution industrielle, parce que cette tâche réclamerait desrecherches spéciales. Qu’il suffise plutôt d’indiquer l’idéefondamentale de ce développement.
I. — Comme on l’a remarqué plus haut, la société dumoyen âge consiste dans un ensemble d’exploitationsparticulières indépendantes, qui ne sont reliées entre ellesque dans une faible mesure par l’échange. Les biens quireviennent à l’exploitation isolée sont déterminés par lacoutume et le droit, en particulier par la condition danslaquelle est né le chef de l’exploitation. L’élément révo-lutionnaire dans la société du moyen âge, c’est le mar-chand, un étranger dans le pays, traité à l’origine enennemi. En face du monde agraire du moyen âge, ilreprésente une façon de penser nouvelle et moderne. —Tandis que là les destinées de la vie sont fixées par lacoutume et le droit, il est animé du désir du gain leplus grand possible — c’est le premier « self-made-man »au sens actuel du mot.
Le commerce apporte la richesse. Pour le favoriser,il faut créer un code spécial à son usage. Tandis que ledroit pour le reste est le droit civil, il est créé pour les