LA CONCURRENCE INTERNATIONALE
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Mais certains avantages naturels firent, de la partieméridionale du comté de Lancashire , le premier centrede la grande industrie. Partant de là, elle conquit l’An-gleterre , et môme le monde. Au nord et à l’est, le terri-toire considéré, plus petit que le Voigtland saxon, estborné de collines qui, vers Todmorden et Rochdale , at-teignent une élévation considérable et sont coupées parde profondes vallées. Arrètantlasécheressedesventsd’est,elles forcent les nuages venant de l’ouest à tomber enpluie. Le pays est peu propre à l’agriculture, aussi déjà debonne heure, les habitants s’adonnèrent-ils à l’industrieen chambre, en particulier au tissage de la laine. Partoutdes ruisseaux et des rivières se précipitent de ces collinesvers la mer qui n’est pas loin. Ils fournissent la premièreforce motrice pour l’établissement des machines. Sousles prairies repose, facile à atteindre par l’homme, le mi-nerai dont l’existence permet le remplacement de l’eaupar la vapeur comme force motrice : le charbon. Un deces cours d’eau, la Mersey, s’élargit à son embouchurepar l’irruption des flots de l’Atlantique en formant undes meilleurs ports du monde. Aussitôt que le pays pos-séda quelque chose pour l’échange, il s’éleva forcémentlà un centre de commerce universel : Liverpool. Mais lepays doit encore un avantage plus important à la proxi-mité de la mer : les vents humides de l’Océan qui vien-nent se condenser en pluie contre les collines. Le degréd’humidité de l’air sur ces hauteurs est en moyenne de10 0/0 seulement au-dessous de l’état de saturation.Cette humidité devait plus tard rendre possible d’y filerle coton jusqu’à une finesse qu’il est impossible d’at-teindre autre part sans des faux frais considérables.