LA GRANDE INDUSTRIE
Combien cet avantage du climat entre en considération,c’est ce que montre celte circonstance que la filature re-cherche de plus en plus le penchant de ces collines où lespluies sont les plus fortes, ainsi en particulier Oldliam àla place de Manchester.
Cette concentration locale est un des traits les pluscaractéristiques de la grande industrie. Elle tend vers unétat, dans lequel chaque province, chaque pays fabriqueles produits auxquels les conditions naturelles sont leplus propices — à une division internationale du travail.Lorsque l’industrie, d’abord plus ou moins répanduedans toute l’étendue du pays, vient à se centraliser, cemouvement doit présager la décadence des affaires pourles établissements isolés, et mal situés. Ainsi s’expliquentpar exemple les doléances des filateurs écossais dans leslivres bleus.
A côté de la concentration que l’on vient de décrires’en place une semblable dans l’intérieur de l’industrieconsidérée en elle-même. Jusque-là, à part quelquesgrandes exceptions, les filatures n’avaient qu’un petitnombre de broches, souvent pas plus de 1000. Elless’établissaient justement là où se trouvait l’eau néces-saire comme force motrice. Les propriétaires de ceschutes d’eau filaient, moyennant un salaire, pour lemarchand, qui fournissait le coton et retirait le fil,ainsi qu’on peut le voir dans de petites filatures situéessur le bord de cours d’eau dans l’Oberland saxon. Lapression du marché universel rendit alors ces industries-là impossibles en Angleterre . En face d’eux s’élevèrentdes exploitations plus considérables. Dans le moded’exploitation moderne, en effet, un capital double rend