60
LA GRANDE INDUSTRIE
étaient petites et occupaient une grande quantité d’ou-vriers mal payés et insuffisamment nourris, mais cepen-dant d’un entretien coûteux à cause de leur grandnombre. Mais lorsqu’on dut commencer à combattrepour la possession du marché universel, cette pressionconduisit forcément à l’extension constante des machines.Le nombre des broches montées sur un même ourdissoirfut multiplié, la vitesse de rotation des broches augmen-tée, les dimensions de la mule accrues. Pour ce travail,des enfants n’étaient plus suffisants ; on employa deshommes faits, qui, par un genre de vie plus relevé, du-rent se mettre à la hauteur des exigences croissantes desmachines.
Malgré cela, on peut faire une distinction abstraiteentre les deux évolutions, les progrès de la technique etles modifications provoquées par elle dans le travail. Lanécessité d’un abaissement des frais de production exi-geait un accroissement de la quantité produite. Ce der-nier résultat devait être obtenu d’une double manière aumoyen de la machine à filer. Il le fut en premier lieupar l’accroissement de production de chaque brocheprise isolément ; et ensuite par un système perfectionnéde cardage et de préparation. De même par les perfec-tionnements de la machine à filer, même malgré uneplus grande vitesse de rotation, la perte de temps dueaux ruptures de fil fut diminuée.
D’après Ure et Kennedy, c’est justement dans lesannées qui nous occupent en ce moment que la productionde la broche s’accrut considérablement;pour le filn°40,de 2 écheveaux par jour en 1820, elle monta jusqu’à 8écheveaux en 1830. En 1834, le rendement journalier