LA CONCURRENCE INTERNATIONALE
(il
îles broches s’élevait, il est vrai avec les machines les plusperfectionnées alors encore peu répandues, de 3 éche-veaux 3/4 à 4 écheveaux 1/8. Cette dernière augmenta-tion était due à l’introduction du self-actor inventé parRoberts en 1830. Comme le retour du chariot de la muleétait obtenu mécaniquement, on arrivait en môme tempsà l’enroulement du fil formé avec moins de chances deruptures et dans un temps plus court. En outre la forcemécanique, supérieure à la force humaine par sa régula-rité et sa résistance à la fatigue, fournissait des filsplus solides et mieux appropriés au tissage. Ce futseulement lorsque le tisserand reçut des duites filéesavec le self-actor qu’on put songer à une augmentationde la vitesse de rotation, jusqu’alors faible, du métier àtisser. Par l’installation du self-actor, la demande de laforce musculaire disparut, mais ce ne fut pas, commeon le pensait lors de cette installation, la ruine de l’ou-vrier filateur adulte, parce que la surveillance de ma-chines, toujours plus compliquées, ne pouvait s’exerceruniquement avec l’aide de jeunes ouvriers. Si par l’ins-tallation du self-actor la production d’une broche iso-lée fut augmentée environ de 15 à 20 0/0, on augmentaaussi d’un autre côté le nombre des broches par ourdis-soir. En 1779,les ouvriersbrisèrent les machines à filer,quicontenaient plus de vingtbroches ; les métiers hydrauliquesavec lesquels Arkvvright fonda le système de fabrique,ne présentent, d’après les descriptions qu’en donne Ure,pas plus de huit broches ; môme la combinaison géniale desdeux machines imaginée par Crompton, la mule, n’avaitpas plus de vingt à trente broches. Bientôt pourtant lenombre des broches fut augmenté ; ainsi il y avait déjà