LA CONCURRENCE INTERNATIONALE ()3
vriers allèrent en augmentant. Ce mouvement fut d’abordmasqué par l’abaissement du prix des moyens d’exis-tence. Mais il est certainement juste d’évaluer le revenudes ouvriers, non pas tant d’après sa valeur nominaleque d’après sa puissance d’achat par rapport aux princi-pales denrées. A ce point de vue, il s’est aussi produitalors, à côté d’une dépréciation du travail, une élévationdes bénéfices de l’ouvrier — évolution qui fait partie despropriétés les plus caractéristiques du progrès de la grandeindustrie. Houldsworth donne à ce propos devant le co-mité des manufactures l’intéressante statistique qui suit :
PBOttüCTIOS
hebdomadaire daiilateur
DURÉEda truail
SALAIRES PAR SEMAINE
ÉQUIVALENT
f
poids (Ht.)
(benrfs)
SILilRK TOTAL
* retrancherpour les aides
bénéfice Del dolileur
en I:t de
f-ii-ino defroment
en Ht.de viande
1801
180
12
74-80
60 sh.
27 sh.
32
sh. 6d.
117
621/2
—
200
9
—
G7 6 cl.
31
36
G
124
73
1814
180
18
74
72
27 6 d.
44
6
175
67
—
210
13 1/2
—
90
30
60
239
90
1833
no
22 1/2
60
54 8
21
33
8
210
G7
—
200
19
65 3
22 6
42
9
267
85
Les fils de numéro élevé cités plus haut étaient alors àpeine fabriqués sur le continent, parce qu’on n’y possédaitpas les ouvriers habiles nécessaires pour cela. En dehorsde l’Angleterre ils étaient encore uniquement fabriquéspar les filateurs à la main de l’Inde, dont l’habileté avaitfait jusqu’alors l’admiration de l’Europe. Ces mousselinesde l’Inde les plus fines portaient le nom de « tissus aé-riens » ; elles étaient extraordinairement chères, car l’em-ploi de fils de numéros jusqu’à 240 n’était pas rare dans