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leur fabrication. Mais si l’ouvricre indienne qui fabri-quait ces fils de la plus grande finesse, qu’on n’avait paspu obtenir jusque-là en Occident , recevait environ 9 d.par semaine, tandis que le filateur anglais gagnait 40 ou50 fois autant, ce dernier ruina pourtant cette antique in-dustrie qui périssait à cause de la cherté d’un travail, qui,comme le montre le tableau de la page 57, était environquatre fois aussi cher qu’en Angleterre .
Mais un phénomène analogue se produisit aussi à l’in-térieur de l’Angleterre , alors que l’industrie faisait lesprogrès les plus grands, là où les salaires à la pièce étaientle plus bas, en même temps que le bénéfice hebdoma-daire et la condition de vie de filateurs étaient le plusélevés. Ainsi s’éleva alors Manchester au-dessus de Glas-gow, qui, malgré des salaires hebdomadaires extrême-ment bas, payait des salaires à la pièce plus considérables.
C’est un fait, dont on peut trouver partout des preu-ves, qu’avec le développement de la grande industrie unediminution constante des salaires à la pièce est accompa-gnée d’une constante augmentation du revenu de l’ou-vrier. Sur quoi repose ce phénomène ? Pour le compren-dre, il nous faut le concevoir comme une suite de cetteancienne évolution qui a élevé un jour le travail de l’étatde servitude à celui de liberté. L’ouvrier asservi, quifournit du travail sous l’empire d’une contrainte étran-gère, est enchaîné au minimum nécessaire à l’existence ;le maître ne dépense, comme on pense bien, rien de plusque ce qui est juste nécessaire à l’entretien et à la pro-pagation du travail. On peut regarder comme un faitétabli que c’est le progrès économique qui a émancipél’ouvrier. On ne met entre les mains des esclaves que