LA CONCURRENCE INTERNATIONALE
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les instruments les plus grossiers. Le progrès économi-que réclame, de la part de l’ouvrier, un intérêt croissantpour le travail dans le but d’une amélioration et d’uneaugmentation de la production du travail, et ces derniè-res ne sont possibles que sur le terrain de la liberté. Ainsil’artisan libre naît du manœuvre soumis à l’origine à l’in-térêt de son maître, de même que la ville s’élève sur lesruines du château du moyen âge. Mais cette évolutionest tout particulièrement manifeste sur le terrain de l’a-griculture, parce qu’elle appartient seulement à notresiècle et au précédent. La nécessité d’une exploitationintensive détermine forcément l’institution du journalierlibre, dont le travail, quoique plus cher en apparence, re-vient pourtant meilleur marché à cause de l’accroissementextraordinaire de production.
Dans le commerce du moyen âge, le travail profession-nel avait de bonne heure conquis la liberté et procuraitnon seulement une existence aisée, mais encore des hon-neurs et une situation considérée au sein de la société.Mais la base de cette grandeur était incertaine ; elle re-posait sur le monopole et sur des règlements de droit.Elle s’effondra avec l’avènement du marché universel etde la concurrence internationale. L’abaissement des fraisde production devient maintenant le principe fondamen-tal de l’industrie. Le commerce fut en outre séparé de lagrande industrie, dont la forme primitive fut l’industrieen chambre, et dont la réalisation complète amena le sys-tème de fabrication moderne. Mais l’ouvrier déchut brus-quement de sa grandeur première sous la pression dumarché universel naissant. Sa loi d’existence fut de nou-veau le minimum nécessaire à la vie, au-dessus duquel il