LA GRANDE INDUSTRIE
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paraissait s’être un jour définitivement élevé par sonaffranchissement. La durée du travail, limitée par la cou-tume ou par la loi, en été à 12 heures y compris le reposde midi, et en hiver jusqu’à la tombée de la nuit, fut éten-due jusqu’aux dernières limites possibles.
On peut suivre cette évolution de la manière la plusnette en Angleterre . Jusqu’à notre siècle, la condition devie de l’ouvrier, la mesure de son travail, de même queson salaire, étaient fixés par l’autorité. S’il gagnait as-sez par un travail de trois jours pour mener sa vie habi-tuelle pendant six, il ne travaillait pas les trois autres.C’est pour cela que les marchands de Manchester disaientà A. Young qu’ils préféraient voir les denrées à un prixélevé plutôt que bas ; car la première circonstance seuleforçait les ouvriers au travail.
Ce principe de l’existence, fondé sur l’usage, tombaavec l’apparition du système d’industrie moderne. Desfermiers ruinés et des industriels en chambre, des enfantspauvres, des soldats licenciés, en un mot les plus pau-vres parmi les pauvres, furent placés près des machinesnouvellement inventées; il est reconnu que c’est seule-ment en obéissant à la plus extrême nécessité que lesouvriers se résignaient au travail de fabrique, dont larègle et la discipline de fer leur paraissaient pires quela misère affranchie de toute loi de l’industriel en cham-bre. Ce n’est que par les plus faibles salaires qu’on pouvaitcontraindre ces éléments à un travail régulier. Les pro-grès de celte oppression rencontrèrent d’autant moinsd’obstacle, que ces premiers ouvriers de la grande in-dustrie venaient justement seulement d’être arrachés àleur condition de vie habituelle, tandis que leurs patrons