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LA GRANDE INDUSTRIE
(•norme affluence d’hommes se produisit alors dans letissage à la main, dont les salaires à la fin du siècledernier étaient 'élevés. Alors se développa, à côté dutissage en chambre proprement dit, la manufacture. Descapitalistes bâtirent des ateliers spéciaux, pour y occuperenviron de 20 à 30 tisserands moyennant salaire, enmême temps que les travaux préparatoires étaient exé-cutés par des enfants et des vieillards dans le mêmeétablissement. De tous côtés dans le Lancashire , maissurtout à Boston , on voit encore aujourd’hui ces ateliersmaintenant abandonnés (weaving shops).
Tout cela changea avec la fin de la guerre et le com-mencement de la concurrence internationale. Cependantle changement ne s’accomplit pas par un passage brusqueau métier mécanique, mais bien plutôt parce fait que desmarchands riches en capitaux installèrent des filatures,ou que des filateurs devinrent en même temps marchands.Ce dernier cas fut en particulier fréquent, lorsquel’insécurité croissante du paiement des petits commerçantsdétermina les filateurs à exploiter eux-mêmes leurs fils.Ce furent eux qui retirèrent alors de nombreux béné-fices de ce qu’on appelle l’élasticité de l’industrie enchambre, en faisant tisser ou vendant les fils suivant lescirconstances. Les plus riches en capitaux parmi euxcommencèrent à bâtir aussi peu à peu à côté de leursfilatures des salles pour métiers mécaniques.
Les premiers possesseurs de métiers mécaniques firent,comme les premiers filateurs, des bénéfices gigantesques ;avec la vulgarisation du tissage mécanique, les prix, demême que les bénéfices, baissèrent rapidement. Pour unmorceau de calicot de qualité moyenne par exemple