LA CONCURRENCE INTERNATIONALE
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large de 28 pouces et pesant 5 livres 1/2, les frais deproduction et le bénéfice montaient ensemble encore en1829 à 5 sli, en 1833 ils n’étaient plus que de 3 sh.
C’est seulement depuis 1820 que le métier mécaniquefit des progrès plus considérables. Malgré cela il y avaitencore en 1830 environ 230,000 métiers à la main con-tre 30,000 à 80,000 métiers mécaniques. II est vrai aussique le remplacement du travail par la machine s’accomplitdans le métier mécanique à tisser beaucoup plus lente-ment que dans la filature. Aussi longtemps que le collagede la chaîne pendant le tissage dut être fait à la main,l’emploi du métier mécanique fut à peine un avantage.Il n’en fut autrement qu’avec l’invention des machines àcoller. Alors le tissage put avoir lieu sans ruptures etun tisserand put servir deux métiers. Nulle part alors unplus grand nombre de métiers ne paraît avoir employéqu’un seul tisserand. L’augmentation de la productionprovoquée par le métier mécanique ne fut pas non pluspar trop considérable ; deux métiers mécaniques livraientpar semaine, en 1823,7 pièces, en 1826, 12 pièces de shir-ting, pareil à celui dont un tisseur à la main aurait pro-duit deux pièces dans le même temps. Du reste le métiermécanique n’était alors employé que pour la plus faiblepartie de tous les tissus, uniquement pour des marchan-dises communes et sans apprêt. En 1822 seulement futdélivré à Roberts un brevet pour un métier mécanique àsix tiges, destiné à fabriquer des tissus analogues à descroisés, et pendant les dix années qui suivirent on expé-rimenta encore des mécanismes pour l’élévation et l’abais-sement de plusieurs tiges dans le but de fabriquer des mo-dèles delà plus grande simplicité avec le métier mécanique.