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LA GRANDE INDUSTRIE
dans la connaissance du marché. La présence du courtierpermet au fabricant de concentrer son attention sur lesprogrès à l’intérieur de l’industrie, et de s’occuper aussipeu que possible des rapports commerciaux.
Mais les rapports entre filaleur et courtier s’étaientmodifiés au désavantage du filateur, dans la mesure oùavait disparu la classe qui jusque-là tenait en échec lescourtiers d’achat. Aussi longtemps que les courtiers devente leur tinrent tète, la séparation fut rigoureusementmaintenue entre eux par ces contraintes sociales dont lecommerce dispose plus que tout autre état, séparationd’après laquelle les courtiers de vente travaillaient uni-quement pour les importateurs, les courtiers d’achat poul-ies filateurs. Ces derniers avaient donc eu à leur dispositionune classe de gens dont les intérêts étaient garantis parles leurs, et qui passèrent du côté de l’acheteur. Avecl’entrée du courtier de vente dans la classe des impor-tateurs, rien n’empêchait plus les courtiers d’achat devendre les cotons à leur propre compte, ou de faire enmême temps des affaires comme courtiers de vente pourdes importateurs. Au lieu d’acheter au plus bas prixpossible, leur intérêt devint alors souvent de vendre leplus cher possible.
Il était donc nécessaire de trouver un moyen de forcerle courtier à reprendre les intérêts du filateur. Cela étaitsi bien possible, qu’une partie des filateurs se syndiquaet fit remplir les fontions de courtier à des agents payéspour cela.
Cela se fit par la fondation de la Cotton Buying Com-pany, société par actions formée à l’origine par laréunion de vingt à trente filatures montées en actions.