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LA GRANDE INDUSTRIE
décade, une simplification du personnel commerçant, cefait repose sur la diminution des risques sous l’influencedu perfectionnement des communications, qui rapprochentles pays du monde entre eux. Mais à côté des relations il yavait une autre cause qui diminuait les dangers des affaires :ce sont les progrès de la technique du commerce lui-même,en particulier l’institution des affaires à terme. Elle affai-blissait tellement les risques de l’importation, ainsi qu’EI-lison le fait expressément ressortir, qu’une classe demarchands d’importation vivant exclusivement de cesrisques et se tenant en relations avec le marché seulementpar le courtier, devenait inutile.
Ce qui est avant tout certain, c’est que l’avènementdes affaires à terme s’opposa par contre, depuis 1860,à des fluctuations de prix par trop marquées. L’intel-ligence humaine réussit dans une mesure croissante,à prévoir le manque et l’excès d’abondance, et àcompenser leurs effets par la spéculation. On arrivaainsi à obtenir, pour les matières premières les plus im-portantes pour la consommation de l’homme, une éga-lité de prix inconnue jusqu’alors. Mais abstraction faitede ce résultat, les affaires à terme servent directement àl’importateur comme garantie de ses risques. S’il achèteà un prix avantageux des cotons dans le pays de pro-duction, il peut en même temps vendre ce stock à Liver-pool pour le terme, auquel il est à prévoir que les cotonsarriveront effectivement ; en face d’une baisse ultérieuredes prix du coton et d’une perte sur l’affaire effective, ilpeut alors se dédommager par les bénéfices d’une spécu-lation sur les affaires avenir; en présence d’une haussedes prix, il peut compenser la perte provenant de la spé-