PRÉDOMINANCE CROISSANTE DU CAPITAL
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que les producteurs. Pour eux ce ne serait pas la peined’installer un outillage coûteux.
Les tisserands travaillent sur une trame extrêmementgrossière — environ !J0 yards à la livre — qui est tisséeavec des déchets de coton. Ce système permet une pro-duction rapide, parce qu’il n’y a pas plus de 12 piqûrespar pouce carré. La trame est du 12 twist. Des courte-pointes semblables sont aussi tissées avec du coton decouleur — toujours des marchandises à l’ancienne modeavec un cercle très restreint d’acheteurs.
Nous voyons ici, par conséquent, comment l’industrieen chambre a pu finir par se confiner dans une sphèreappropriée qui se restreint de plus en plus, mais pasplus vite que ne disparaissent les tisserands eux-mêmes.La condition de ceux-ci, les derniers de leur race, estmeilleure que celle de leurs parents de 1820 à 1830. Ilsont pris leur part dans les progrès de leur époque. Unpain de 4 livres, disait un de ces tisserands, coûtait 10deniers, il y a quarante ans ; aujourd’hui il en coûte4 seulement. Le nombre des heures de travail est encorede 12 à 14, mais avec de plus longues interruptions pourles repas. Le taux des salaires est aussi plus élevé qu’au-trefois. Un tisserand reçoit 1 sh. 7 d. pour une des cour-tepointes ci-dessus décrites. Il peut en tisser huit parsemaine, ce qui lui constitue un gain de 13 sh., dont 2ou 3 représentent le loyer du métier, etc. Aussitôt qu’ilne s’agit pas d’une spécialité le gain tombe à 7 sh. parsemaine et au-dessous. Mais ce qu’il y a de plus étonnantau point de vue des salaires, c’est que, dans les dernièresannées, les tisserands réussissaient même à obtenir uneaugmentation. Comme ces vieillards détiennent le mono-