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LA grandi; industrie
pôle de leur main-d’œuvre, la menace d’une grève étaitsuffisante, tant qu’il se trouvait des vieilles filles pouracheter leurs produits.
Ce qui est surprenant aussi c’est la corporation destisserands en chambre qui autrefois comprenait toute labanlieue de Bolton et comptait des milliers de membres.Il y a 30 ans encore elle comprenait 1800 membres; au-jourd’hui elle n’en a plus que 50. Le plus jeune desmembres — il a 50 ans — est le secrétaire; avec lui,selon toute apparence, la corporation disparaîtra. Laplupart des autres sont beaucoup plus âgés et leursréponses à nos questions sur l’industrie retardent sou-vent de 50 ans. Si leur condition est supportable, celatient à leur détermination proclamée avec une sorte defanatisme, d’ètre les derniers représentants de leur mé-tier, et de ne former aucun apprenti. Même l’opérationdu soufflage est exécutée, non par des enfants mais parles plus vieux. Faire ce que leurs petits enfants font dansles fabriques pour un salaire triple du leur — telle est lacondition des tisseurs à la main.
Si nous comparons les conditions du tissage à la main,en Allemagne , avec celles qui viennent d’être décrites,nous trouvons qu’elles étaient économiquement les mômesqu’en Angleterre A'ers 1830, au milieu des luttes à mortde l’industrie en chambre, luttes dont l’issue fatale est bienconnue de l’observateur philosophe. Il y a, il est vrai, enassez grand nombre, des théories comme celles des manu-facturiers de Bolton qui pensaient que le tissage à mainne disparaîtrait qu’avec le commerce anglais . Par exem-ple, j’ai sous les yeux, un document qui déclare le tissageà main égal et même, pour beaucoup d’articles, supé-