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LA GRANDE INDUSTRIE
de filateurs suisses et accompagnées de chiffres à l’appui.De nombreux manufacturiers et filateurs reconnaissentexpressément l’influence favorable de la diminution desheures de travail. Cette opinion ne peut être généraliséeoutre mesure. Les usines pourvues d’un outillage surannéqui, en même temps emploient les ouvriers les moinsbons, les moins payés, ne sont pas en mesure de retrouverla même production avec un moindre nombre d’heuresde travail. Elles ont dû, sans doute, être lésées par lenouveau règlement, et voir leur fabrication diminuer dece chef dans une proportion considérable. Pour les métiersà la main, ce déficit, plus grand encore, était exactementproportionnel à la diminution des heures. Mais ces désa-vantages de quelques-uns déterminent un progrès marquépour l’économie nationale, pour l’ensemble.
Mais ne pourrait-on pas maintenant invoquer l’étatflorissant de la filature dans l’Inde comme un argumentcontraire à l’opinion énoncée plus haut? Cette industrie,la plus redoutable concurrente de l’industrie anglaise,ne tirerait-elle pas sa force des salaires peu élevés enusage dans l’Inde ? Les recherches de la chambre de com-merce de Manchester ont montré que le bon marché dela main-d’œuvre n’était pas du tout un avantage pourl’Inde. Suivant cette chambre, l’avantage réside beaucoupplus dans l’abaissement constant de la valeur de l’argent.Dans l’Inde, le pouvoir d’achat de l’argent baisse maislentement et incomplètement par rapport au marchéinternational; en tout cas le filateur indien produit tou-jours à des prix qui lui rapportent plus d’argent quequand le coton anglais est vendu dans l’Inde.
Ce n’est- pas le travail à meilleur marché qui fait la