MAIN-D ŒUVRE
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force de la filature indienne; ce qui le prouve c’est quel’Inde peut seule fabriquer avec succès les tissus de co-lon les plus grossiers, c’est-à-dire ceux où la matièrebrute l’emporte sur le capital et le travail. Le n° 4Utwist demande environ deux fois plus de travail et desalaires de filature que le n° 20. Si c’était le bas prixde la main-d’œuvre qui faisait la supériorité du filateurindien, il ferait plutôt du 40 que du 20. C’est justementle contraire qui a lieu, parce qu’il ne peut lutter avec lefilateur anglais pour les n os au-dessus de 30, bien que cedernier demande la matière brute et soit obligé de re-
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prendre le fil de coton. Pour le filateur indien, la diffi-culté s’accroît dans la proportion où le prix du travaildomine dans les frais de production, ce qui confirme laproposition de Tucker précédemment citée.
D’autre part, la journée de travail en Angleterre estde 9 heures, non compris les dimanches et les après-mididu samedi où l’on ne travaille pas. Dans l’Inde, il n’estpas possible de déterminer exactement le nombre d’heu-res. A Bombay, il paraît qu’il faut compter de 12 à 13heures; à l’intérieur davantage (1).
Ajoutez à cela que le repos du dimanche n’existe pas;l’usine chôme seulement le troisième dimanche de chaquemois pour permettre les nettoyages. Les fêtes religieusesdes ouvriers sont observées par ceux qui ont reçu leurcongé, l’usine travaillant avec un grand nombre d’ou-
(1) East-Indian Factories Report (1891). Heures de travail dans unefilature do Bombay, sans compter les arrêts, 13 ainsi que pour unautre établissement; pag. 23, seulement de 11 à 12 heures, p. 74, 13heures. Nos questions sur ce point restent souvent sans réponse parceque les intéressés n’ont pas d'idée bien définie sur la valeur du temps.