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I,A GRANDE INDUSTRIE
vriers de réserve. Les salaires varient dans l’Inde entre15 et 8 roupies par mois pour les adultes, et 3 ou 4 rou-pies pour les enfants. Le filateur proprement dit reçoit15 roupies, c’est-à-dire en comptant la roupie à 1 s. 5 d.,21 s. 3 d. par mois; le filateur anglais gagne de 35 s.à 40 s. par semaine. Cette différence s’explique parceque dans l’Inde, il faut 3 1/2 à 5 fois plus d’ouvriersqu’en Angleterre ; parce que les ouvriers moins habilesdéterminent une détérioration plus grande dans les ma-chines (7 1/2 0/0 au lieu de 5 0/0); enfin chaque bro-che produit à Bombay en 12 heures moins qu’à Oldhainen 9 heures. (Pour le n° 20, à Oldham 5,5 écheveaux,dans l’Inde 5,25 écheveaux par jour). Schœnhof calculemême qu’àLowell, 35000 broches donnent par jour justeautant de fil n° 38 qu’à Bombay de n° 20.
En raison de ces faits, l’industrie cotonnière anglaisen’a rien à redouter de l’Inde pour les produits fins. LesBlue-Books contiennent cependant déjà des faits quimontrent, dans l’Inde, le progrès spécial qui se produitpour la main-d’œuvre partout où l’industrie est centra-lisée. A Bombay , les salaires, dans les filatures se sont,en 5 ans, de 1883 à 1888, accrus de 30 à 40 0/0, et néan-moins on affirme que la capacité de production des ou-vriers hindous a tellement augmenté que les frais ac-tuels de main-d’œuvre ont plutôt baissé. Le nombred’ouvriers jusque-là 5 ou (i fois plus grand que celui desouvriers anglais , est aujourd’hui dans la meilleure fila-ture de Bombay seulement 3 1/2 fois plus grand, c’est-à-dire pas trop en arrière de ce qui a lieu en Allemagne .Ajoutez à cela que le prix des substances alimentairesn’a pas augmenté autant que le change n’est tombé, mais