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LA GRANDE INDUSTRIE
souvent, au point de vue pratique, tellement admirable,que le journal a des abonnés parmi les contre-maîtres etles directeurs anglais dans les usines de l’Inde, du Japon et de Russie . Pour un observateur du continent, il estintéressant, à ce point de vue, de visiter quelques exposi-tions de machines dans les districts industriels. Lesouvriers sont groupés devant les objets exposés, en dis-cutent les avantages et les inconvénients. C’est aussi unfait remarquable que la société des ouvriers filateursexige, pour le candidat au secrétariat des sociétés amal-gamées, un examen purement technique ; il faut pouvoirrépondre par écrit à des questions et ces réponses sontcorrigées. Le Cotton Factory Times aussi recommandeaux ouvriers de se munir le plus possible d’une éducationet d’un entraînement techniques. Ce conseil est suivid’autant plus souvent que la forme « limited » de l’in-dustrie cotonnière, en Angleterre comme dans l’Inde,fournit aujourd’hui aux jeunes gens des classes ouvrières,munis de connaissances techniques, de nombreuses occa-sions d’améliorer leur sort.
Une preuve du goût des choses techniques éprouvépar l’ouvrier anglais, c’est la Mutual Technical School àOldham, fondée seulement par des ouvriers. Dans cetteécole, il y a des lectures où les membres s’instruisent lesuns les autres sur les branches spéciales qu’ils connaissentparticulièrement. Les directeurs et autres hommesd’affaires pratiques y font aussi des conférences. L’écolea acquis peu à peu la propriété de toutes les diversesmachines de l’industrie cotonnière. Elle est sous la direc-tion exclusive des ouvriers.
Tout ceci montre combien l’opposition, la haine même,