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LA GRANDE INDUSTRIE
forme des spécialistes distingués non seulement pourl’Allemagne — dont la demande n’est pas en rapportavec l’offre — mais aussi pour les contrées rivales, no-tamment l’Angleterre dont les laboratoires, les usines etles instituts techniques sont peuplés d’allemands. Enregard de cette surproduction sous un certain rapport,l’instruction technique, en Allemagne , n’a encore que trèspeu développé l’ouvrier proprement dit. Mais l’impor-tance, pour la prospérité industrielle d’une nation, d’unenseignement technique aussi large que possible, estreconnue, en général, par les grands industriels anglais .Ainsi, l’un des plus considérables, sir William Armstrong ,dit : « l’ignorance d’un grand nombre de personnes enga-gées dans l’industrie, en ce qui concerne les sciencesnaturelles et les connaissances techniques, est un obstacleau progrès des individus, aussi bien qu’une perte pourla nation. Il n’y a presque point de travail technique quine pût être perfectionné si les ouvriers qui l’exécutentétaient familiarisés avec les éléments de la science natu-relle qui le concerne (1). »
En fait, dans ces dix dernières années, il s’est produiten Angleterre un mouvement extrêmement prononcé enfaveur de l’instruction technique. Non seulement l’Etat,avec son système d’examens par le département de l’Artet de la Science, s’efforce d’étendre les connaissances
(1) Cf. « Technical Education (London , 1889, National Associationfor the promotion of technical and Secondary Education, p. 30) ». Celivre met en lumière les efforts méritoires et la littérature instructivede cette société. Dans son essai « Uber das Wesen und die Verfussingder grossen Unternehmung », Smoller a attiré l’attention sur l’impor-tance pour l’ouvrier de la possession des connaissances techniques. Cf.« Zur social und Gewerbe-politik (1890), p. 402, 404, 411.