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cipales contrées industrielles rivales. Tandis qu’en Alle-magne , certainement, le point de pacification en quelquesorte n’a pas été encore atteint — nous parlons ici de lapresse ouvrière qui ne fait que d’apparaître dans les val-lées de la petite industrie — en Angleterre , la haine despersonnes a disparu. Les employés et les employeurs lut-tent les uns contre les autres comme des hommes d’af-faires ayant des intérêts opposés, au moins dans lagrande industrie du nord de l’Angleterre .
Mais c’est surtout dans l’industrie cotonnière que leprincipe de l’antagonisme entre le capital et le travail adisparu. L’ouvrier sait que son intérêt dominant est lié àcelui de son patron pour conserver les débouchés de sonindustrie. Ce n’est que si ces débouchés venaient à sefermer qu’il verrait s’ahaisser le niveau élevé de ses con-ditions d’existence. Il ne doit donc pas jeter un regardd’envie sur les richesses de son patron. Assez pratique-ment, il conclut qu’un patron dont les affaires vont bienpeut payer de hauts salaires (1).
La preuve décisive de ce sentiment d’une communautéd’intérêts, c’est la position prise par les Trades Unionsdu Lancashire dans la question des huit heures. Lesplus chauds partisans en principe de la journée de huitheures croient qu’ils se feraient tort à eux-mêmes enl’introduisant maintenant, parce qu’ils craignent d’envoyerune partie de la clientèle de l’industrie cotonnière à l’in-