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des mariages et des naissances sert à entretenir cette ar-mée de réserve qui forme comme un courant, et ramèneles salaires à l’ancien taux. Quand les affaires vont mal,les salaires peuvent même s’abaisser au-dessous de ce ni-veau minimum, auquel cas il est suppléé au déficit souventpar l’assistance aux pauvres, par des impôts, des vols, etc.D’autre part, l’industrie pour être florissante exige uncapital, mais elle a eu encore une faible quantité à sa dis-position ; il s’ensuit que le taux de l’intérêt se tient re-marquablement haut par rapport à celui d’autrefois.
La différence entre le prix d’un côté et l’intérêt du ca-pital de l’autre est encaissée par l’employeur. En fait,comme l’admet l’enseignement dominant, il a le travailaussi bien que le capital pour une rémunération fixe.Dans cette phase les profits sont élevés, non en raison dela faiblesse des frais de production — ceux-ci ont plutôtaugmenté sur le passé — mais en raison de l’élévationdes prix. L’industrie se trouve encore dans la position demonopole par rapport à la petite industrie nationale ouétrangère, dans des conditions exactement semblables àcelles où l’on établit des tarifs protecteurs pour favoriserla naissance d’une industrie. Pour cette raison, de grandesfortunes se forment rapidement entre les mains d’un pe-tit nombre d’hommes; partout où le génie individuel desinventeurs vient frayer une voie nouvelle à la grande in-dustrie (Arkwrigbl, Peel).
À cette première phase du développement industriel,cet accroissement de la richesse d’un petit nombre d’em-ployeurs est justifié par cette raison, qu’en raison desmaigres ressources dont disposent les masses, le capitalnécessaire aux premiers exemplaires de la grande indus-