PREUVES TIRÉES DU LANCASHIRE
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naux du soir, au prix d’ 1/2 d., sans compter les feuilleshebdomadaires et les journaux du matin qui sont, dureste, moins achetés par les ouvriers. —-Aussi recherchéque la lecture est le jeu du foot-ball, qui est le sportparticulier du Lancashire . Au lieu de frapper récipro-quement leurs propres tètes de coups sanglants, commeautrefois, le peuple de la jeunesse trouve maintenantdans la lutte du foot-ball un dérivatif pour l’emploi desa force musculaire. »
Je vais essayer, dans ce qui suit, d’établir, par deschiffres, quelles sont les conditions de la vie pour lesouvriers du Lancashire .
Après les principes développés par Bœhmert dans larevue du Bureau de statistique saxon, j’ai entrepris,dans l’été de 1891, des recherches sur la condition desouvriers instruits du Nord de l’Angleterre. Une tentativeanalogue a été faite, il y a quelques années, par le« Board of Trade », qui était arrivé cependant à desrésultats trop insuffisants, d’abord, en partie, à cause dudéfaut d’enquèle, et ensuite à cause de la répugnancedes ouvriers à dévoiler dans des interrogatoires officielsles détails de leur vie privée. Cependant je pus, à lasuite d’un entretien avec R. Giffen , l’éminent statisticiendu Board of Trade, mettre à profit les enseignements decette première enquête, tandis que ma qualité d’hommeprivé rendait mon inspection plus facile, pour arriveraux faits que je désirais connaître, et faire disparaîtrecertaines confusions par un échange d’idées verbal.
Ainsi préparé, je me rendis dans le nord de l’Angle-terre ; mais là, il devint aussitôt évident pour moi quec’est seulement par les associations des ouvriers qu’on