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LA GRANDE INDUSTRIE
la plupart ont conservé leur caractère d’entreprises desclasses ouvrières. Une preuve indubitable en est quedans les assemblées générales on ne vote pas d’aprèsle nombre d’actions qu’on possède, mais par tète;il enest ainsi pour 90 0/0 de toutes les associations d’Oldham.La possession d’un nombre minimum d’actions n’estpas prescrite pour les places de directeur, mais chaqueactionnaire est éligible au même titre. « Presque toutela population de manœuvres et de petits marchandsdans la ville d’Oldham a des intérêts dans la filature »,est-il dit dans l’annuaire de l’association de Manchester.Le même fait m’est confirmé par une lettre deM. SamuelAndrew, le secrétaire de la grande Société des entrepre-neurs.
Les ouvriers, qui ne veulent pas supporter les risques dela possession d’actions, livrent aux entreprises leurséconomies sous forme de prêt ; on accepte les mises dumontant le plus faible. Même les actions ne dépassentpas la somme de S livres. Parmi ceux qui plaçaient leurargent dans les filatures, sont aussi apparues les corpo-rations, et je sais delà bouche même du secrétaire enquestion que l’un des plus éminents chefs de corpora-tion du Lancashire occupa en même temps pendantquelque temps une place de confiance dans la plus grandefilature par actions d’Oldham.
La concurrence pour les places de directeur, la publi-cité de la conduite générale des affaires aussi bien que l’a-mour-propre des actionnaires qui veulent posséder les meil-leures machines, font qu’àla longue toutes les .entreprisesde ce genre sans exception ont été couronnées de succèsau point de vue commercial. M. Samuel Andrew, l’homme