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LA GRANDE INDUSTRIE
ment de ces antipathies de classes, de même qu’elleprovoque l’avènement de la grande industrie. Ouoi-qu’à l’intérieur de l’exploitation on soit tenu à ladiscipline la plus rigoureuse, la condition person-nelle de tous les participants s’engage cependant surle terrain de l’égalité des droits. Pourtant les directeursde ces associations sont presque toujours issus des rangsdes ouvriers. Mais il y a encore quelque chose de plusimportant. Il apparaît d’une façon nette et claire auxyeux de l’ouvrier qu’il dépend en première ligne de l’étatde son industrie, et que tout ce qui la concerne le touchelui-même. Cette conviction s’acquiert facilement là oùdes cercles étendus d’ouvriers à gages dépendent nonseulement des salaires, mais en même temps des profitsindustriels. Ils suivent avec zèle les cours de bourse, quisont contenus chaque semaine dans le « Cotton FactoryTimes » ; le système des actions leur rend possible d’êtrerenseignés sur l’état de l’industrie aussi bien que les en-trepreneurs particuliers. Cette situation a une doubleconséquence. Si les variations des salaires en conformitéavec les fluctuations des profits résultent déjà, comme ila été dit plus haut, de la dépendance où se trouve lagrande industrie des événements extérieurs, cette adap-tation devait se faire de la façon la plus rigoureuse dansle Lancashire, où les ouvriers saisissent nettement la si-tuation commerciale de l’industrie, la possibilité d’éléva-tions des salaires ou la nécessité inévitable de leur abais-sement. Les ouvriers apprennent aussi d’un autre côtéà comprendre la justice de ce qu’on appelle les fraisd’administration. Ils apprennent par expérience qu’ilimporte à une industrie de posséder autant que possible