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LA GRANDE INDUSTRIE
parce que le système du salaire à la pièce est pourchacun un stimulant suffisant au travail, qui n’est pasaugmenté par une participation aux profits. En outre,les salaires seraient si élevés, qu’ils ne pourraientpas être augmentés sans restreindre au delà de toutelimite économique les frais d’administration et lesprimes destinées à couvrir les risques des actionnaires.Le seul moyen d’améliorer les salaires serait de réaliserune économie de travail, basée sur des progrèstechniques. En effet ces sociétés par actions ont d’uncôté, par une diminution extraordinaire des frais de pro-duction et un abaissement des prix du fil, ramené lesprofits à la mesure la plus faible possible, et de l’autrecôté, elles sont devenues un modèle donnant le ton pourles progrès techniques.
Mais pour juger la situation d’une classe d’ouvriers,une simple description ne suffit pas ; il faut chercher àse faire une idée de leurs sentiments et de leurs idées.J’invite donc le lecteur à passer avec moi dans le Lan-cashire un jour qui restera pour moi toujours parmi messouvenirs les plus intéressants.
Depuis une série d’années, dans la plupart des en-droits industriels du Lancashire , il y a une semaine dechômage îpour les fabriques ; celle-ci tombe dans lesmois de juillet jusqu’à septembre (c’est ce qu’on appellewakes). Une grande partie des ouvriers en coton, aussibien que les constructeurs de machines, emploie unepartie des économies réalisées à faire des excursions etdes voyages d’agrément. Partout se trouvent des caissesspéciales dans lesquelles sont faits pendant toute l’annéedes versements pour réaliser le but rêvé (c’est ce qu’on