PREUVES TIRÉES DU LANCASIIIRE 293
avait compté parmi les plus ardents. Il se souvenait trèsbien du grand homme populaire, Fergus O’Connor : ilse rappelait bien aussi comment la police avait disperséleurs assemblées et comment beaucoup de ceux qui yprenaient part étaient entrés en prison. Le sang avaitmême coulé à plusieurs reprises alors que les conflits enarmes n’étaient pas rares. Mais l’ouvrier avait encoresurtout vivant dans la mémoire ce carnage de Peterloo ,où la Yeomanry de Cheshire chargea les ouvriers en cotonde Manchester.
A ma question de savoir quelles avaient été les aspira-tions du Chartisme , le vieillard répondit : un parti ou-vrierdans le Parlement, le pouvoir dans le gouvernementpar le suffrage universel, pour transformer la loi contreles pauvres en une loi en faveur des pauvres. Avec leChartisme,et après qu’il se fut dispersé comme mouvementpolitique, était venue une époque de grandes et passion-nées suspensions de travail. Il se souvenait en particulierdu mois sacré de 1842 et de la grande grève de Prestonen 1853, qui avait duré quarante semaines, et pour la-quelle Blackborn seul avait donné par semaine 700 livresde subsides. Les prêts avaient amené une misère effroya-ble et une grande exaspération. Il n’y avait pas alors decorporations et ces prêts avaient alors été des élans ducœur plutôt que des résultats de la réflexion.
Une immense révolution avait suivi depuis ; les jeunesgens que nous voyons réunis autour de nous dans cettefête joyeuse, ces jeunes filles dont chacune dépensait troislivres et plus pour les jours de congé, ces garçons quidépensaient dans le foot-ball et autres sports l’excédentde leur vigueur musculaire, tous secouaient la tête d’un