PREUVES TIRÉES DU LANCASIIIRE 295
possible de relever ces classes qu’en resserrant les exploi-tations privées dans des limites étroites, et en favorisantl’extension des établissements publics sous le contrôle desouvriers. Par ce moyen seul serait comblée la distancequi sépare le riche du pauvre.
Il était intéressant d’observer combien l’expression decette politique de sentiment rencontrait de nombreux par-tisans parmi les femmes. Une tisseuse jeune et intelli-ligente, en particulier, défendait la manière de voir del’ecclésiastique. C’était par pur égoïsme, disait-elle, queles classes d’ouvriers de la grande industrie se conten-taient du résultat obtenu sans penser aux autres classesd’ouvriers plus opprimés.
Le socialisme quelque peu obscur de l’ecclésiastiquerencontrait de l’opposition de la part des hommes, par-ticulièrement des jeunes gens, entre autres d’un Mules-pinner qui étaitprésent avec ses deux filles —le même pré-cisément dont le budget d’entretien a été donné plus haut.En tous cas, pensait-il, on était sur le chemin du progrèspratique et durable, qui ne pouvait, il est vrai, s’étendreque peu à peu à des cercles toujours plus étendus d’ou-vriers. Mais de même que leurs propres pères s’étaientélevés un jour au milieu de la masse informe d’un pro-létariat impuissant, il était à espérer que de nouvellesclasses s’en détacheraient encore et s’élèveraient toujoursdavantage. La route à suivre pour cela est double, d’a-bord la concorde et ensuite le pouvoir législatif. Il se dé-fendait de combattre ce dernier moyen, disant au con-traire que c’étaient précisément les ouvriers en coton duLancashire qui, de tous les ouvriers du monde, avaient sule mieux le mettre en œuvre à leur profit. Mais cela était