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LA GRANDE INDUSTRIE
du à l’habile politique du do ut des de leurs chefs, quin’élevaient que des prétentions faciles à satisfaire et sa-vaient souvent se rendre indispensables aux autorités aupouvoir.
En même temps la situation sociale des ouvriers se se-rait, d’après lui, extraordinairement élevée dans le coursde ce siècle. De nombreux chefs de corporations occupentaujourd’hui l’emploi honorable de juge de paix dans leurpays natal ; un représentant des ouvriers en coton duLancashire a été envoyé par le gouvernement à la confé-rence ouvrière de Berlin, où lui et un autre compagnonanglais ont été les seuls ouvriers. Le ministre de l’inté-rieur a récemment visité le bureau de la société des tisse-rands réunis à Accrington pendant son voyage à traversle Lancashire, et s’est fait présenter là les représentantsde l’association. Au ministère du commerce l’éminentBurnett, un ancien constructeur de machines, se fait unesituation élevée et entourée de la considération générale.Dans la commission royale pour la recherche de la con-dition des ouvriers, présentement réunie, des ouvrierssiègent à côté des patrons et des aristocrates, avec uneautorité égale, et traités par eux d’égal à égal. Tout celamontre combien l’ouvrier, qui s’était tenu jadis en de-hors de l’Etat, a su conquérir au sein de ce dernier unesituation considérée.
Il doutait cependant que les ouvriers dussent mettre àprofit leur influence croissante pour activer la transfor-mation d’établissements privés en exploitations publiques.Il ne voulait pas émettre d’opinion sur d’autres branchesd’industrie, car il considérait cette question comme devantêtre résolue dans chaque cas particulier et par des consi-