298
LA GRANDE INDUSTRIE
Oldham ces sociétés par actions, conduites par desdirecteurs sortis des rang-s ouvriers, ont supplanté lesanciennes entreprises privées.
En réponse à ces développements pleins de bon sens,l’ecclésiastique défendait la cause de cet idéal, quiréclame justement le relèvement des plus pauvres parmiles pauvres. Cette scène éclaira d’un jour nouveau pourmoi ce trait propre au mouvement ouvrier anglais , quifait prendre au parti radical les apparences d’un fana-tisme religieux. Ainsi que me le disait Ben Tillet , ledirecteur des dockers, il avait tous les jours un discoursà faire, mais le dimanche, il prêchait deux fois, et demême que Sidney Webb attribue la victoire électoraleremportée dernièrement au conseil du comté en premièreligne aux dissenters et à leurs pasteurs, de même aussil’ecclésiastique prenait le parti de ces masses aban-données et plongées dans une profonde misère, au-dessus desquelles les ouvriers instruits et organisés dela grande industrie occupent un rang aussi élevé quecelui des familles, qui occupent le sommet de l’édifice,l’est au-dessus d’eux.
Quelques semaines après, mes études me conduisirentdans un cercle d’ouvriers d’un des centres textiles lesplus importants de l’Allemagne . J’y rencontrai le mêmeaccueil amical, le même empressement à m’assister dansmes recherches économiques, et aussi le même idéalsocial. Mais il se distinguait d’abord des centres dépeintsplus haut en ce qu’il ne se conduisait pas en conformitéavec les traditions de bonheur idéal de l’humanité ; deplus les ouvriers eux-mêmes étaient, comme le pasteuret les femmes, partisans de cet idéal. Par contre il man-