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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
Je considérais comme indispensable de réduire à sixannées à partir de 1906, la durée d’exécution de ces tra-vaux, ce qui impliquait une allocation annuelle de 12 mil-lions environ; je demandais donc que le crédit lût porté à11 800 000 francs ainsi réparti :
Ces propositions furent, une fois de plus, rejetées. Unenote de la direction du contrôle, en date du 5 juillet 1905,me fit connaître « qu’en présence des conditions imposéespar le ministre des finances pour équilibrer le budget géné-ral de l’exercice 1906, le ministre avait dû renoncer à in-troduire dans le projet de budget toutes les augmentationsdemandées par les différents services au titre de la troi-sième section, c’est-à-dire des dépenses extraordinaires.La dotation des chapitres avait donc été maintenue auxchiffres suivants : « Chapitre 90. Fortifications : Frontière del’Est : 3 800 000 francs ».
Or, cette fin de non-recevoir prend une saveur parti-culière, si on la rapproche de la situation que créait, à cemoment, la tension résultant de la question du Maroc dansnos rapports avec l’Allemagne . C’est, en effet, en mars 1905,qu’avait eu lieu la visite sensationnelle de l’empereurGuillaume II à Tanger , visite dont la conséquence directeavait été la démission obligée en juin 1905 de M. Delcassé,ministre des Affaires étrangères du cabinet Rouvier. Latension était telle à cette date que le ministre avait con-voqué au ministère, les 23 et 24 juin, les chefs du génie desquatre grandes places de l’Est pour examiner avec moi lesmesures à prendre d’urgence, en vue de remédier, dans lamesure du possible, aux défauts de ces places résultantdu retard apporté à l’exécution du programme de 1900.
Cependant, à la fin de ce même mois de juillet, c’est-à-dire quelques jours après la réception de la note du Contrôle,la nécessité était reconnue par le gouvernement d’adopter'