LES BUDGETS DE LA GUERRE
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les dispositions exceptionnelles que commandait la gravitéde la situation, et d’ouvrir d’importants crédits « horsbudget » pour entreprendre immédiatement les travaux defortification les plus indispensables dans les quatre placesde l’Est, et le 25 juillet, une somme de 3 200 000 francs nousfut allouée, venant en sus des crédits budgétaires normaux.Malgré les difficultés et les délais que nécessite forcémentl’ouverture de nouveaux chantiers, cette somme supplé-mentaire put être utilement employée avant la clôture del’exercice 1905.
Entre temps, répondant à une question de M. Klotz,rapporteur du budget de 1906, j’avais eu l’occasion d’insisterà nouveau, dans une note du 13 septembre 1905, sur lanécessité impérieuse d’une exécution rapide du pro-gramme de 1900.
Cependant la situation extérieure restait toujours aussitendue : c’était, le 25 novembre 1905, un discours belli-queux de l’empereur, bientôt suivi, en janvier 1906, del’ouverture de la conférence d’Algésiras qui s’annonçait,tout d’abord, sous de fâcheux auspices.
M. Berteaux démissionnait le 10 novembre 1905.M. Étienne lui succédait. Je représentai à mon nouveauministre la nécessité de pousser les travaux dans l’Estavec la plus extrême activité. Un nouveau crédit « horsbudget » de 13 500 000 francs fut ouvert le 24 janvier 1906à la 4 e direction pour être appliqué à l’accélération deces travaux : il venait s’ajouter aux fonds normaux dubudget de 1906 ramenés, comme nous l’avons vu, à3 800 000 francs. C’est à cette époque que je quittai la4° direction pour prendre le commandement de la 6 e divi-sion d’infanterie.
Si j’ai tenu à citer ces faits, antérieurs à la période dontj’ai entrepris le récit, c’est afin de montrer les combinaisonssecrètes qui présidaient à la préparation des budgets. Il estexact que le Parlement n’a jamais refusé les crédits qui luiétaient demandés par les divers ministères ; mais ceux-cise voyaient forcés de ne demander que ce que le ministèredes finances, d’accord avec les commissions parlementaires,