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jugeait possible d’allouer à chaque département. On nesaurait donc, en toute justice, faire retomber sur les servicesde la Guerre la responsabilité des lacunes que le conflit mon-dial a révélées plus tard dans notre matériel. Pour donnerune preuve définitive de ce que je viens de dire, je citerailes compressions exercées de 1901 à 1910 sur les créditsdemandés par les Services :
ANNÉES
CRÉDITS DEMANDÉSPAR LES SERVICES
CRÉDITS OUVERTS
PAR LA LOI DE FINANCES
1901
95 926 350 francs.
60 708 150 francs.
1902
98 541 600 —
49 136 475
—
1903
59 457 800 —
31 063 000
—
1904
61 638 000 —
28 723 000
—
1905
44 997 100 —
26 917 150
—
1906
59 853 710 —
26 917 150
—
1907
133 053 700 —
76 308 516
—
1908
89 884 971 —
60 260 079
--
1909
98 582 221 —
66 049 443
—
Comme on le voit par ce tableau, les demandes ne rece-vaient jamais de satisfaction que dans une faible propor-tion. C’est ainsi que l’état-major de l’armée n’obtint pourle service des chemins de fer, de 1901 à 1911, que des do-tations si réduites, qu’il ne lui fut pas possible de faireaméliorer sérieusement notre réseau ferré dont dépendaitnotre concentration. Cependant les protestations avaientété nombreuses, comme en témoigne toute une série denotes adressés à la direction du contrôle, le 13 mars 1902,le 20 juin 1903, le 5 février 1904, le 7 juillet 1905, le 19 jan-vier 1907. Le 13 janvier 1909, la direction du contrôleprévint l’état-major de l’armée que, à la suite d’un accordavec les finances, la dotation annuelle à ne pas dépasserpar le service des chemins de fer serait de 850 000 francs.A la suite de cette note impérative, les demandes de l’état-major de l’armée furent réduites à ce chiffre pour lesexercices 1910 et 1911. Il en était de même pour la direc-tion de l’intendance : en 1908 on lui notifiait une réduc-tion globale de 5 500 000 francs. En janvier 1909, elle