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d’armée qui ne déboucheraient pas sur notre frontièreavant le 18 e jour de la mobilisation, trop tard par con-séquent pour exercer une influence sur les premières opé-rations contre l’Allemagne. Ce serait donc une lourde fautede laisser des corps d’armée actifs sur le front du sud-est ;il suffisait de prévoir le cas où, les premiers chocs étantrestés indécis, les armées françaises et allemandes devraientse réorganiser avant de reprendre la lutte. Le but à at-teindre par nous sur les Alpes était donc d’empêcher lesItaliens de déboucher de la zone montagneuse en plaine,avant le moment où les effectifs russes commenceraientà faire sentir leur action d’une façon effective, c’est-à-direavant la fin de la sixième semaine. Pour obtenir ce résul-tat, 4 divisions de réserve renforcées de 13 groupesalpins de réserve, s’appuyant sur les places fortes, me sem-blaient suffisants dans ce terrain éminemment favorableà la défensive.
De son côté le ministre de la Marine fit connaître quel’armée navale de la Méditerranée devait se porter rapi-dement au-devant de la flotte italienne, dès le début dela mobilisation. Ce fait ne devait pas être ignoré del’Italie et contribuerait selon toute vraisemblance à luifaire respecter le pacte de 1902, et tout au moins à ne luifaire opérer sa mobilisation qu’avec une sage lenteur luipermettant de ne pas se compromettre. Il termina en di-sant qu’à son avis c’était bien vis-à-vis de l’Allemagne seule qu’il fallait concentrer toutes nos forces terrestres.Et le président du Conseil déclara qu’il partageait cetteopinion (1).
(1) M. Paléologue , qui tenait la plume pendant cette délibération,veut bien nous communiquer, d’après ses notes inédites, une remar-quable prophétie du général Joffre sur la durée de la guerre fu-ture.
Le directeur des Affaires politiques venait d’exposer à la Confé-rence qu’il étudiait actuellement les moyens de fournir au Trésorpublic les ressources dont il aurait besoin pour subvenir aux énormesdépenses d’une guerre. Il avait conclu en ces termes :
« Si la guerre doit être courte, par exemple, quatre ou cinq mois,comme beaucoup de personnes le pensent, nos moyens actuels de