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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

Après un échange de vues sur les plans à suivre par lesdeux armées alliées, le général Gilinsky prit, le 13 juillet,lengagement que les armées russes commenceraient loffen-sive le quinzième jour par des actions dailes qui auraientpour objet de dégager le centre du dispositif russe. Il faut,en effet, remarquer que le tracé de la frontière russe étaitpeu favorable à une défensive contre une attaque autri-chienne débouchant de Galicie : celle-ci, débouchant dusud au nord, prenait en bout et à revers les lignes duNiémen, de la Narew, de la Pilica, de la Vistule en amontde Varsovie , et du Bug. Si donc la première opérationrusse devait être, comme nous le demandions, dirigéeoffensivement vers le front Kœnigsberg-Thorn, il fallaitquen même temps une partie des forces russes pénétrâtsimultanément en Galicie , afin de redresser le front, etneutraliser loffensive que les Autrichiens entameraientvraisemblablement en partant de cette base commode.

On remarquera que la convention militaire, depuis sonorigine, obligeait les deux alliés « à engager à fond en toutediligence » (1) leurs forces mobilisées. Outre les raisons quinous conduisaient logiquement à rechercher linitiativedes opérations sur notre front par une offensive aussiprompte que possible, la volonté dêtre fidèles aux termesmêmes de la convention nous contraignait encore à cettemême attitude. Et lon peut affirmer que la certitude denotre volonté offensive et lattachement aux clauses dela convention constatés par létat-major russe dans chaquecontact avec notre état-major ont fortement contribuéà orienter létat-major russe vers une intensification deson effort. Sil eût senti chez nous moins de décision, ilny a pas de doute que nos alliés se seraient montrés plusréservés au début de la guerre.

Les accords en étaient, lorsquen septembre 1912,le grand-duc Nicolas vint assister aux grandes manoeuvresdu Poitou. Je ne connaissais pas encore celui qui devait

(1) Paragraphe 3 de la convention militaire du 17 août 1892,citée plus haut.