LA GENÈSE DU PLAN XVII
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sions anglaises, prêtes seulement à marcher le quinzièmeou seizième jour ou peut-être même plus tard encore, sila date du début des mobilisations anglaise et françaisene coïncidait pas. Aussi, tant que les conditions des trans-ports britanniques n’auraient pas pu être améliorées, onne pourrait guère compter sur l’intervention des forcesanglaises dans les opérations initiales.
Telles furent les considérations qui déterminèrent letracé général de la zone de concentration, dans le cas oùnous pourrions exécuter les opérations de la mobilisationet des transports stratégiques conformément à nos pré-visions.
Il était certain qu’un retard important dans la mobi-lisation, ou une série d’accidents survenant pendant lapériode des transports sur les lignes de concentration, mo-difieraient profondément le problème ; dans ce cas, la zonede concentration des armées devrait être reculée, et nousserions obligés de revenir au projet de défensive stratégiqueauquel répondait le système fortifié que le général Séré deRivière avait construit. La couverture, renforcée autantque possible par la cavalerie et par des divisions hâtives,défendrait alors la ligne des places et retarderait l’ennemidans sa traversée de la Meuse et de la Moselle ; nos arméesattendraient l’ennemi au débouché des trouées ménagéesdans notre système fortifié, prêtes à l’attaque à la foisde front et sur les flancs. Dans ce cas, la concentrationdes forces françaises s’effectuerait en arrière du frontgénéral Aisne -Ornain-Faucilles ; la concentration de l’arméeanglaise, tout comme celle de l’armée de réserve pour-raient n’être pas modifiées, ce qui aurait pour résultatde nous procurer éventuellement une base de contre-offen-sive en équerre.
La zone générale de concentration étant ainsi largementdéterminée, il s’agissait de régler à l’intérieur de cettezone la disposition générale des forces, de façon à per-mettre à l’état-major de l’armée de préparer la concen-tration. J’insiste sur le fait que, dans mon esprit, il ne pou-